Chapitre 2

Le collègue le plus productif de la maison

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Le lendemain, les 23 mails sont toujours là.

Ils n’ont pas bougé de la nuit. Ils attendent, alignés en gras, avec la patience des choses qui savent qu’on finira bien par s’occuper d’elles.

Le bureau de Vincent, c’est la deuxième chambre de l’appartement. Neuf mètres carrés sous un velux, un bureau en kit monté un dimanche de confinement avec une vis en trop qu’il garde toujours dans un tiroir, au cas où. Un écran, un clavier, et un mug JoyCamp à l’effigie d’un écureuil en maillot de bain, rescapé d’une opération marketing de 2017 que tout le monde a oubliée, sauf le mug.

Il ouvre la boîte de réception. Il fait l’inventaire, comme chaque matin.

Six relances. Quatre comptes rendus de visios auxquelles il a assisté et dont il se souvient mieux que le compte rendu. Trois invitations à des webinaires sur la gestion du stress, envoyées par le service des ressources humaines, qui en génère une bonne partie. Deux « petites questions » de directeurs de camping, qui n’en sont pas. Une enquête interne sur le bien-être au travail, quarante-deux questions, « environ cinq minutes ». Et tout en haut, en gras, comme un rappel à l’ordre : Monsieur Lefranc.

Monsieur Lefranc préside l’Amicale des camping-caristes du Cotentin. Depuis 2009, l’Amicale réserve chaque été trente-deux emplacements au camping des Dunes, toujours les mêmes, ceux du bas, près des sanitaires neufs. Cette année, JoyCamp a augmenté ses tarifs de 9 %. Monsieur Lefranc l’a appris par un adhérent. Le message fait une page. Il contient trois fois le mot « inadmissible », deux fois le mot « fidélité », et la menace d’« aller voir ailleurs », qui revient chaque printemps, comme les hirondelles.

D’habitude, ce genre de mail lui prend une demi-heure. Dix minutes pour se calmer. Dix minutes pour écrire. Dix minutes pour effacer ce qu’il a écrit pendant les dix premières. Le résultat tient en trois lignes : « Bonjour Monsieur Lefranc, désolé, ce n’est pas moi qui fixe les tarifs, je vois ce que je peux faire. Bonne journée. Vincent. » Trois lignes, une excuse, aucune formule. Monsieur Lefranc répond en général « Cordialement », ce qui, chez lui, veut dire le contraire.

Ce matin, il copie le message. Il ouvre Babil.

Il hésite une seconde, le temps de se demander s’il a le droit. Personne ne lui a dit que c’était interdit. Personne ne lui a dit que c’était permis non plus. Dans une entreprise, c’est généralement le signe que personne n’y a encore pensé. Ou que tout le monde le fait déjà sans le dire.

VincentRéponds à ce client. Poli mais ferme. La hausse de 9 % est décidée par le siège, je ne peux rien y changer. Je peux offrir le pot d’accueil de l’Amicale.

BabilVoici une proposition de réponse :Madame, Monsieur,Nous avons bien reçu votre message et comprenons pleinement votre mécontentement. La fidélité de votre Amicale, construite depuis de nombreuses années, nous tient particulièrement à cœur.Cette évolution tarifaire, décidée au niveau national, reflète les investissements réalisés dans nos établissements. Afin de vous témoigner notre reconnaissance, nous serons ravis de vous offrir le pot d’accueil de votre Amicale lors de votre arrivée.Nous restons à votre entière disposition et vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

Pleinement. Entière disposition. Agréer l’expression. Ce sont des mots que Vincent n’emploie jamais, mais qu’il a toujours eu le sentiment qu’il aurait dû employer. Comme une cravate qu’on n’a jamais achetée mais qu’on regarde dans les vitrines.

« Reflète les investissements réalisés. » Vincent ne sait pas de quels investissements il s’agit. Les sanitaires neufs ont six ans. Mais la phrase sonne juste, et dans une entreprise, c’est souvent tout ce qu’on demande à une phrase.

Babil écrit comme Vincent croit qu’un cadre devrait écrire.

Puis il arrive à la dernière ligne : « vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées ».

Vincent n’est pas professeur de français, mais il en a épousé une, et cela suffit pour savoir qu’on ne termine pas un courriel comme une lettre recommandée. « Agréer l’expression », c’est pour le papier, les enveloppes à fenêtre, les courriers du notaire et de la caisse de retraite. Pas pour un mail à un homme qui vous envoie un calendrier chaque Noël.

VincentOn ne met pas « agréer l’expression de nos salutations » dans un mail. C’est une formule de courrier.

BabilTu as tout à fait raison, je te prie de m’excuser. Pour un courriel, une formule plus simple convient mieux, comme « Bien cordialement » ou « Bien à vous ». Voici la fin corrigée :Nous restons à votre disposition pour en parler.Bien à vous,

Babil s’excuse. Il s’excuse vite et bien, sans discuter, sans se vexer, sans expliquer que ce n’était pas tout à fait sa faute, ce que personne au siège n’a jamais réussi à faire.

Pourtant, en relisant sa propre demande, Vincent voit bien que ce n’était pas tout à fait sa faute. Il a écrit « Réponds à ce client ». Il n’a pas écrit « par mail ». Il n’a pas dit qui était Monsieur Lefranc, depuis combien d’années il le connaissait, ni sur quel ton on lui parle d’habitude. Il a demandé une réponse, il a reçu une réponse, la plus polie possible, celle qui convient à tout le monde et donc à personne.

Babil n’avait pas à deviner. Vincent n’avait qu’à être plus précis.

C’est la première chose qu’il apprend ce matin-là, et il ne l’oubliera plus : la machine fait exactement ce qu’on lui demande. Le reste, c’est à lui de le dire.

Il change une seule chose. Il remplace « Madame, Monsieur » par « Cher Monsieur Lefranc », parce qu’il le connaît depuis huit ans et que Monsieur Lefranc lui envoie chaque décembre le calendrier de l’Amicale, douze photos de camping-cars garés devant des monuments historiques. C’est sa seule contribution. Une ligne sur onze. Il signe de son nom. Il envoie.

La réponse arrive vingt minutes plus tard.

« Merci pour votre retour très professionnel. Nous viendrons. Bien à vous. »

Bien à vous. En huit ans, Monsieur Lefranc ne lui a jamais écrit « bien à vous ». Ni « professionnel ». Vincent relit le message deux fois, puis une troisième, au cas où il y aurait une ironie cachée. Il n’y en a pas. Il y a juste un retraité qui conduit un camping-car de huit mètres et qui vient d’être traité avec le respect qu’il estime mériter.

Par quelqu’un qui ne le connaît pas.

La suite va vite. Il ne copie pas tous les mails, seulement ceux qui lui coûtent. La relance de la comptabilité sur une facture de 2021 que tout le monde croyait réglée, sauf la comptabilité. Le prestataire des piscines qui conteste une pénalité avec un argumentaire de quatre pages et la photo floue d’un filtre. Le directeur d’un camping de la Manche qui « revient vers lui » pour la quatrième fois sur un sujet dont plus personne ne se souvient, pas même lui.

Pour chacun, la même chorégraphie. Copier. Coller. Babil propose. Vincent coupe deux adjectifs, ajoute un prénom, signe. Il a l’impression d’avoir un assistant. Il n’a jamais eu d’assistant.

Vers la fin de la matinée, le téléphone vibre. Le gardien écrit à tous les résidents : quelqu’un aurait-il une perceuse à prêter pour le local à vélos ?

Vincent a déjà la main sur la souris pour copier le message dans Babil.

Il s’arrête. Il regarde sa main. Il répond lui-même : « Oui, passe. » Deux mots. Il en est fier comme d’un marathon.

Il n’a pas de perceuse.

Avant le déjeuner, la boîte de réception affiche zéro.

Zéro. Il ne l’avait pas vue à zéro depuis 2019, un 24 décembre, et encore, parce que le serveur était en panne. Il fait une capture d’écran. Il ne sait pas à qui l’envoyer. Hélène ne comprendrait pas. Ses collègues comprendraient trop. Il la garde dans sa galerie, entre une photo de facture et la photo d’une fuite sous un évier de mobil-home. Quelque part, c’est la plus belle photo du dossier.

Reste le reporting.

Une fois par trimestre, Vincent consacre une journée entière au reporting d’avant-saison : les réservations de ses vingt campings, semaine par semaine, comparées à l’année précédente. C’est un rituel. Il prévient Hélène qu’il ne faudra pas le déranger. Il ferme la porte. Il prend un Twix dans le placard de la cuisine. Un seul, il n’est pas un animal.

Le reporting, c’est un tableau de 312 lignes, des taux, des moyennes, des couleurs : vert quand ça va, orange quand ça ne va pas, rouge quand la directrice des opérations va appeler. Et surtout, une page de commentaire. Une page que personne ne lit, sauf le PDG, qui en extrait une phrase pour le comité de direction. Une seule. Vincent n’a jamais su laquelle il choisissait, ni pourquoi. Il soupçonne que c’est la plus courte.

Ce matin, pas de porte fermée. Pas de Twix. Il colle les colonnes dans Babil, demande une synthèse d’une page pour la direction, et va se faire un café.

Quand il revient, la page est là. Une page, exactement. Pas une ligne de plus. Vincent, lui, n’a jamais réussi à faire une page exactement. Il fait toujours une page et quart, puis il réduit la police.

Il lit. C’est bien. C’est même mieux que bien. C’est le genre de texte qu’on trouve dans les rapports annuels des grandes entreprises, ceux qu’on feuillette dans les salles d’attente sans jamais savoir qui les écrit.

Et puis il y a le deuxième paragraphe.

BabilLe taux de réservation à date s’établit à 61,4 %, en progression de 2,3 points par rapport à la saison précédente. Ces résultats témoignent de la capacité de nos équipes à transformer les contraintes opérationnelles en leviers de performance.

Vincent n’a jamais donné les chiffres de la saison précédente.

Il relit. Il vérifie ce qu’il a collé. Rien. Pas un chiffre de l’an dernier. Babil a inventé la progression. Tranquillement. Avec une décimale.

Un menteur ordinaire aurait écrit « environ deux points ». Babil écrit 2,3, avec l’aplomb d’un directeur financier un soir de clôture.

Je ne ferai pas d’autre commentaire. Entre collègues, on ne se dénonce pas.

Vincent ouvre l’ancien fichier. Le vrai chiffre, c’est 0,8 point. C’est moins glorieux, mais c’est vrai, et Vincent tient encore à ce genre de détail. Il corrige. Il garde le reste. Il garde surtout les leviers, parce qu’il les a entendus vingt fois la veille pendant la visio et qu’il a l’impression, en les écrivant, de parler enfin la langue du pays.

Le reporting est fini avant le déjeuner. Il lui prenait une journée. Il lui reste un après-midi entier, et personne ne le sait.

C’est une sensation étrange, un après-midi dont personne ne sait rien. Une sorte de fortune tombée du ciel qu’on n’ose pas dépenser, de peur qu’on vous demande d’où elle vient.

Il est seul chez lui, et il fait quand même semblant d’être occupé. Pour qui ? Pour la chaudière ? Pour la voisine d’en face, qui étend son linge à la fenêtre et pourrait apercevoir la lumière de l’écran ? Il ouvre des fichiers Excel au hasard. Il fait défiler des colonnes avec le sérieux d’un chirurgien. Il se fait trois cafés. Il lit trois articles sur Babil, dont un qui s’intitule « Les 10 commandes qui vont changer votre vie professionnelle ». Il en connaît déjà quatre. Il se sent comme un collégien qui a fini son contrôle en avance et qui n’ose pas rendre sa copie, parce que le professeur va forcément se dire qu’il a triché.

Et puis, au milieu de l’après-midi, sans raison, il ouvre la page Wikipédia de Canberra.

Finalement, il voulait en savoir plus.

Un peu plus tard, le siège envoie un mail à tout le réseau : « Départ à la retraite de Michel Ducros, directeur du camping des Dunes. Pot de départ vendredi au bar de la piscine, venez nombreux. » L’assistante de direction a écrit Ducrot. Avec un t. Michel dirige les Dunes depuis trente et une saisons.

Vincent sourit tout seul devant son écran. Mardi, pour un Gérard qui n’existe pas, Babil a écrit cinq mails d’adieu, dont un en alexandrins et un autre en pirate. Michel Ducros, trente et une saisons au service de la maison, n’aura droit qu’à un seul mail. Avec une faute dans son nom.

Il aurait pu garder le reporting pour vendredi. C’est ce que font les gens d’expérience : ils finissent en avance et rendent à l’heure. Ils gèrent leur avance comme un écureuil gère ses noisettes. Vincent n’a pas encore cette expérience-là. Vincent est un écureuil qui vient de découvrir un supermarché.

Il envoie.

Sandrine, la directrice des opérations, l’appelle un quart d’heure plus tard. Sandrine a cinquante-deux ans, un agenda partagé où chaque créneau libre ressemble à une anomalie, et une passion sincère pour les tableaux croisés dynamiques. C’est une femme gentille, qui n’a pourtant jamais laissé un collaborateur avec du temps libre plus de quinze minutes, sans la moindre méchanceté, comme on éteint une lumière restée allumée dans une pièce vide.

— Déjà ? dit Sandrine.

— J’étais lancé.

— Bravo. Vraiment.

Il y a un silence au bout du fil. Vincent connaît ce silence. C’est celui que fait Sandrine quand elle n’a pas fini. On l’entend presque feuilleter quelque chose.

— Puisque tu es en avance, tu pourrais reprendre les deux campings de Nadia pendant son arrêt ? Et le plan de recrutement des saisonniers, je te l’envoie. Ah, et l’audit de sécurité des piscines avant Pâques, ce serait bien que ce soit toi. Tu as l’œil.

— Pas de souci.

Trois dossiers. Un par heure gagnée, à peu près. Le compte est bon.

Ce jour-là, Vincent découvre une loi qu’on n’enseigne dans aucune école de commerce, une loi aussi solide que la gravité : le temps qu’on gagne appartient à celui qui le remarque.

Le soir, Hélène lui demande comment s’est passée sa journée. Elle corrige des copies sur le canapé, un stylo rouge entre les dents.

— Productive.

Il ne parle pas de Babil. Il ne sait pas pourquoi. Il se dit que c’est compliqué à expliquer.

Ce n’est pas compliqué à expliquer.

Le vendredi, Vincent roule jusqu’au camping des Dunes. Le bar de la piscine a été rouvert pour l’occasion : trois guirlandes, des chips, du crémant tiède dans des gobelets en plastique. Dehors, la piscine est toujours vide. Michel Ducros, trente et une saisons, se tient devant un panneau de liège où quelqu’un a punaisé des photos de lui avec des moustaches de différentes époques. On lui offre un bon d’achat dans une jardinerie et une carte signée par des gens dont il ne connaît pas la moitié.

Michel prend la parole. Il n’a rien préparé. Ça se voit tout de suite. Il commence trois fois. Il remercie Sandrine, puis l’ancien PDG, qui est mort, puis s’excuse de l’avoir remercié. Il raconte l’histoire d’une famille belge qui avait planté sa tente sur le terrain de pétanque en 1997, une histoire que tout le monde a déjà entendue et dont tout le monde rit quand même. Il oublie le nom du comptable du siège, venu exprès de Paris, qui est juste devant lui. À la fin, il dit : « Bon. Voilà. C’était bien. » Et sa voix se casse sur bien.

Personne n’a écrit son discours. Ça s’entend.

C’est le plus beau discours de départ que Vincent ait jamais entendu.

Pendant les applaudissements, les téléphones vibrent dans les poches. Le PDG vient d’envoyer un mail à tout le comité de direction, avec le réseau en copie.

Bravo à Vincent pour sa synthèse d’avant-saison. J’ai repris sa formule pour le comité : « transformer les contraintes opérationnelles en leviers de performance ». C’est exactement l’état d’esprit que nous attendons de chacun.

La phrase est en gras. Le nom de Vincent est juste au-dessus.

Sandrine lui fait un clin d’œil par-dessus son gobelet. Michel, qui a lu le mail lui aussi parce qu’il figure encore sur la liste de diffusion jusqu’à ce soir, lui tape sur l’épaule.

— Elle est bien, ta phrase.

Sur son téléphone, un SMS de Karim, son homologue du Sud-Ouest : « Joli. Tu m’expliques ton secret ? »

Vincent dit merci à Michel. Puis il répond au PDG, un gobelet de crémant dans l’autre main : « Merci beaucoup. »

Deux mots. Ceux-là, il les a écrits seul.

Babil, lui, n’a pas été mis en copie.

Sur la route du retour, Vincent fait les comptes.

En quatre jours, il a gagné une journée et demie. Il a reçu trois dossiers, un « bien à vous » de Monsieur Lefranc et une phrase en gras devant toute la direction. Personne autour de lui ne sait comment.

Il pourrait le dire. Il pourrait répondre à Karim : il existe un truc, ça s’appelle Babil, ça écrit tes mails, ça fait tes synthèses, essaie. Karim lui offrirait peut-être enfin le café qu’il lui promet depuis six ans.

Il ne le dira pas.

La honte n’y est pour rien. Il n’a pas l’impression de tricher : il relit, il corrige, il vérifie les décimales, il est même le seul à avoir vu que Babil mentait. Est-ce qu’un tricheur vérifie ? Est-ce qu’un tricheur corrige 2,3 en 0,8 ? Est-ce qu’un tricheur se pose seulement la question, seul dans sa voiture, un vendredi soir, entre deux ronds-points ?

Il ne le dira pas parce qu’il a déjà fait le calcul. Aujourd’hui, dans tout le réseau JoyCamp, il est peut-être le seul. Dans six mois, tout le monde saura. Dans un an, le siège organisera une formation sur le sujet, avec un PowerPoint de 38 diapositives et un quiz à la fin. Ce jour-là, gagner une journée et demie ne vaudra plus rien. Ce sera la norme. On appellera ça un levier.

Alors, en attendant, il se tait. Comme un coureur qui a trouvé un raccourci dans la forêt et qui ne le montre à personne, pas par méchanceté, simplement parce que, pour une fois, c’est lui qui arrive le premier.

Une arme ? Vincent n’aime pas ce mot. Il préfère dire un outil. Un très bon outil, de ceux qu’on garde au fond de sa caisse et qu’on ne prête pas, même aux voisins qu’on aime bien. Même quand on n’a pas de perceuse.

Il ne répond pas à Karim. Il ne parle pas de Babil à Hélène. Il se dit que ce n’est pas un secret, juste une avance.

Moi, je n’existe toujours pas pour lui. Mais je comprends déjà pourquoi, le jour où il me trouvera, il ne parlera pas de moi non plus.

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